Encéphalomyélite myalgique
Comprendre la maladie

Encéphalomyélite myalgique

Aussi appelée syndrome de fatigue chronique (EM/SFC), c’est une maladie chronique complexe qui touche le système nerveux, immunitaire et énergétique. Elle n’est ni « juste de la fatigue », ni psychologique : c’est une atteinte biologique reconnue par l’Organisation mondiale de la santé.

~0,3 à 0,8 %de la population estimée touchée (études variables)
×2 à 4plus fréquente chez les femmes
0traitement curatif validé à ce jour
25 %de personnes atteintes sévèrement, alitées ou confinées
01 — La maladie

Une atteinte biologique, pas un manque d’énergie

L’EM/SFC apparaît souvent après une infection (mononucléose, grippe, et plus récemment le Covid-19), parfois après un traumatisme physique ou un stress important. Elle perturbe la production d’énergie cellulaire, la régulation du système nerveux autonome et la réponse immunitaire. Les personnes atteintes vivent avec une réserve d’énergie très réduite et imprévisible, que le moindre effort — physique, cognitif ou même émotionnel — peut épuiser.

La maladie touche tous les âges, y compris les enfants et adolescents, et dure en moyenne plusieurs années ; certaines personnes ne récupèrent jamais complètement.

02 — Symptômes

Un tableau clinique multisystémique

Les symptômes varient d’une personne à l’autre et fluctuent d’un jour à l’autre, ce qui rend la maladie difficile à expliquer à l’entourage.

Fatigue invalidante

Non soulagée par le repos, présente depuis plus de six mois, réduisant nettement les activités antérieures.

Malaise post-effort

Aggravation des symptômes après un effort, différée de quelques heures à quelques jours (voir ci-dessous).

Sommeil non réparateur

Insomnies, sommeil fragmenté ou inversé, réveils épuisés malgré des heures de sommeil.

Troubles cognitifs

« Brouillard cérébral » : difficultés de concentration, de mémoire immédiate, de recherche des mots.

Intolérance orthostatique

Vertiges, palpitations ou malaise en position debout ou assise prolongée.

Douleurs diffuses

Douleurs musculaires et articulaires, maux de tête, sensibilité accrue au toucher.

Hypersensibilités sensorielles

Intolérance à la lumière, au bruit, aux odeurs ou à certains aliments et médicaments.

Dérèglements du système autonome

Régulation thermique, digestive ou cardiaque perturbée.

03 — Le signe distinctif

Le malaise post-effort (PEM)

C’est le symptôme qui distingue l’EM/SFC d’une simple fatigue : un effort — même minime, comme prendre une douche ou tenir une conversation — peut déclencher une aggravation générale des symptômes, retardée et disproportionnée par rapport à l’effort fourni.

Énergie Temps Activité Crash / rechute retardé de quelques heures à quelques jours, peut durer des jours à des semaines
Pourquoi c’est important

Contrairement au « déconditionnement », augmenter progressivement l’activité (comme on le ferait après une blessure) peut aggraver durablement l’état d’une personne atteinte d’EM/SFC. La prise en charge repose donc sur la gestion de l’énergie, pas sur le réentraînement à l’effort.

04 — Diagnostic

Un diagnostic d’exclusion, souvent tardif

Il n’existe pas de test biologique unique pour confirmer l’EM/SFC : le diagnostic repose sur les symptômes et l’exclusion d’autres causes. Les critères les plus utilisés (Institute of Medicine, 2015) demandent la présence de :

  • 1

    Réduction substantielle de la capacité à mener les activités habituelles, depuis plus de six mois, avec fatigue profonde d’apparition récente.

  • 2

    Malaise post-effort après un effort physique, cognitif ou émotionnel.

  • 3

    Sommeil non réparateur, quelle que soit sa durée.

  • 4

    Troubles cognitifs ou intolérance orthostatique (au moins l’un des deux).

En pratique, le délai moyen avant un diagnostic correct dépasse souvent plusieurs années, faute de formation médicale suffisante sur la maladie.

05 — Au quotidien

Vivre avec l’EM/SFC : le rythme (pacing)

En l’absence de traitement curatif, la stratégie principale est le pacing : apprendre à répartir son énergie pour rester sous le seuil qui déclenche un malaise post-effort.

  1. Repérer ses signaux d’alerte

    Observer les premiers signes de fatigue, de douleur ou de perte de concentration avant qu’ils ne s’aggravent.

  2. Fractionner les efforts

    Alterner activité et repos, même en l’absence de fatigue ressentie, plutôt que d’attendre l’épuisement.

  3. Prioriser plutôt que pousser

    Choisir consciemment où va l’énergie disponible, plutôt que de chercher à « tout faire malgré tout ».

  4. Anticiper les rechutes

    Prévoir des marges de récupération après un effort inhabituel (rendez-vous médical, déplacement, événement social).

06 — Un lien direct

EM/SFC et Covid long

07 — Pour aller plus loin

Ressources et associations

ASFC — Association Francophone pour vaincre le SFC/EMInformation et soutien pour les patients francophones
Millions MissingMouvement international de sensibilisation à l’EM/SFC
#MEActionPlaidoyer international et ressources pour patients
Journée mondiale de l’EM/SFC — 12 maiDate de sensibilisation internationale

Cette page est fournie à titre informatif et ne remplace pas un avis médical. Consultez un professionnel de santé pour tout diagnostic ou suivi.

Les chiffres cités sont des ordres de grandeur issus de la littérature scientifique et associative ; les estimations varient selon les études et les pays.